A 23 ans, Tyssem débarque avec un premier album à fleur de peau, où le bonheur de chanter croise un existentialisme brut, dévoilant ses douleurs passées et cicatrices présentes. Alliant persévérance et talent, la jeune chanteuse nous fait part de sa vie, et la brillance de son verbe nous touche là où il faut : en plein c½ur.
"La musique a toujours été en moi." affirme Tyssem, jeune métisse d'origine Guyanaise et Kabyle. Le déclic viendra un soir de Noël, alors qu'elle n'a que treize ans : "J'ai su que je voulais devenir chanteuse. On m'a dit 'très bien, mais passe ton bac d'abord !'" explique-t-elle en riant, puis reprend son air sérieux quand elle parle de ses parents. Parce que si son enfance lui rappelle des fous rires, elle en retient aussi beaucoup de larmes. "Mes parents se sont séparés quand j'avais quatre ans. Ma mère est morte quand j'avais neuf ans. Je suis restée en deuil jusqu'à l'âge de seize ans, j'étais très sérieuse, je ne rigolais jamais." Née à Paris, elle grandit dans le sud, du coté de Toulouse, avec le reste de sa famille, et "des amis". Quand ça ne va pas, elle se plonge dans l'écriture, qui devient son guide à travers les dédales d'une adolescence chaotique : "Je n'ai pas été une fille très sage" explique-t-elle, sans en dire plus. Par pudeur ? "Mais j'écrivais tout le temps. Dans le train, dans le bus. Quand j'allais prendre un café, je sortais ma feuille..." A coté de son amour pour la plume, Tyssem se forge aussi une passion pour les grands chanteurs, qu'elle découvre dans la discothèque de sa mère. "Il y avait de tout, Mariah Carey, Lionel Ritchie, Otis Redding... Mais je suis surtout resté scotchée sur Edith Piaf et Jacques Brel. Amsterdam par exemple, c'est une chanson que j'ai chanté, rechanté, tellement que les gens me disaient 'arrête, change de disque' (rires) !"
Quelques années plus tard, Tyssem revient à Paris. "J'adore cette ville pour l'énergie qu'elle dégage !" Après être passée par plusieurs groupes de styles divers (du rap jusqu'au rock), elle décide de suivre sa route seule. "J'avais trop de personnalité pour être dans un collectif, j'étais trop têtue. C'est peut être mon plus grand défaut, je ne suis pas assez diplomate avec les gens. Mais j'y travaille (elle sourit) !" Après avoir enregistré une première maquette, elle fait plusieurs rencontres, et de fil en aiguille, réussit à présenter ses chansons en maison de disques. "Je suis arrivée avec ma guitare à la main, et j'ai chanté" raconte-t-elle. Un des morceaux fait rapidement l'unanimité : Une Bombe à la place du c½ur. "Je me suis levé un dimanche matin, dans mon minuscule appart du 18ème arrondissement, et je me suis mise à écrire." Sur sa feuille, elle couche le mal-être d'une vie, sans pour autant y perdre une once de sa féminité. Son verbe reste tendre, sa voix gracieuse, et l'instrumentation, entre pop et R&B, parfaitement adapté à sa personnalité. Une identité musicale sur laquelle elle travaille depuis plus de deux ans avec différents réalisateurs et arrangeurs, dont les producteurs belges Bionix, les Track Invaders, Mary L, Shoot The Light et surtout Danny P, multi instrumentiste, arrangeur et songwriter New Yorkais, connu pour avoir travaillé avec des pointures telles Robbie Williams, Ashanti et Joss Stone. "C'était une rencontre magique, un vrai coup de c½ur artistique."
Aujourd'hui, Tyssem met la touche finale à son disque. "Plus ça va, et plus je suis une acharnée !". Entre chanson française (pour la teneur des textes) et pop/R&B pour l'instrumentation, ce premier opus en surprendra plus d'un, et devrait même installer la jeune chanteuse parmi les valeurs sûres de la scène. Pas celles qui brillent le temps d'un hit donc, mais celles qui durent, et qu'on écoutera encore d'ici quelques années. "Je sais que je suis chanceuse, même si je n'aime pas ce mot. Je ne veux juste pas être prise pour quelqu'un qui est arrivé ici par hasard !" A bon entendeur...